Je partage ici quelques instants et réflexions autour de l’écriture.

LE BUREAU
J’écris à la main, toujours, du début à la fin. À mon bureau, mais aussi dans un fauteuil, ou dehors.
L’absence d’ordinateur procure une liberté que je savoure. Le contact du papier donne au geste d’écriture une autre qualité. Tout retaper ensuite peut être profondément ennuyeux.
J’écris dans des carnets A5, plus maniables que le format A4. J’évite les feuilles libres, je ne suis pas assez organisée pour cela, l’histoire se mélangerait.



LES RATURES
Le deuxième jet est une phase libératrice. Je ne connais rien de mieux que barrer, déplacer, couper, resserrer, et laisser ainsi respirer ce qui a été amorcé. C’est comme façonner la génoise d’un gâteau. Une ébauche se dessine, le projet prend forme. Les points essentiels apparaissent parfois en dépit de ce qui était prévu, comme une roche qui commence à se polir.
Un deuxième jet, c’est un ménage de printemps avant l’heure. C’est la phase que je préfère, quand la génoise devient moelleuse et que l’on peut commencer à y déposer une touche de style.



LA LECTURE
Écrire, c’est d’abord lire. On le dit souvent. Une bibliothèque, ce sont des histoires, mais aussi une réserve de paysages, de ressentis, d’actions, de personnages. Et surtout, pour un auteur, mille façons de les décrire, réfléchies avant nous.
Il ne s’agit pas d’adopter la manière des autres, mais de s’imprégner de leurs couleurs, de les mêler, de les nuancer.
La teinte demeure. Une forêt reste une forêt. Mais ses nuances se déclinent à l’infini.
Seule la lecture nous l’enseigne.

