Quelques textes publiés et extraits.

SUR LA BERGE D’UNE RIVIÈRE
NOUVELLE PRIMÉE – revue Rue Saint Ambroise n°52, octobre 2023
Un couple s’isole dans un chalet, au cœur d’une forêt. Le calme promet le repos. Rien ne se produit en apparence. Peu à peu, une présence affleure. Le récit tient dans cet écart, entre ce que perçoivent les personnages et ce que le lecteur comprend. Une tension muette.
EXTRAIT

Vers quatre heures du matin, un grattement les réveilla. C’était un petit bruit sourd. Cela provenait de l’extérieur, du côté du tas de bûches. On aurait dit que quelqu’un les déplaçait.
Sur la berge d’une rivière, revue Rue Saint Ambroise, n°52
LE GUÉPARD ET LE LION
NOUVELLE PRIMÉE – revue Rue Saint Ambroise n° 56, septembre 2025

Une course de motos sur une plage. Deux figures, un champion en fin de carrière, un autre au début. La narration alterne, elle épouse le mouvement de la course. L’issue tient à peu de chose, une bascule ou une continuité, peut-être les deux. Au-delà de la compétition, le texte interroge la relève.

EXTRAIT
Quand on a été vainqueur de courses classiques à plusieurs reprises, avec trois heures d’endurance pour se hisser au sommet, on croit qu’on peut y arriver. Mais la Galipe, c’est autre chose. Comme dit Pat’, ça galope sur la Galipe. Elle est courte, foudroyante. Un seul tour, et le sort est noué. Elle fait et défait les champions, et moi, j’en suis. Il n’aura même pas le temps de m’apercevoir, le p’tit Balti. Ce n’est pas sur ma dernière course que je vais me laisser coller et perdre mon titre. Ce soir je raccroche, mais je vais laisser au sable de quoi se souvenir du Guépard.
Le guépard et le lion, revue Rue Saint Ambroise, n°56

PLACE DES FORTS
ROMAN ÉPISTOLAIRE HISTORIQUE – Éditions Douro, septembre 2025
Ce roman est né d’une découverte dans le grenier de mon arrière-grand-mère, en Auvergne, des lettres de la Première Guerre mondiale. Celles d’un musicien mobilisé dans les tranchées et de sa femme restée à l’arrière avec leur petite fille. En 1916, les lettres s’arrêtent. Le livre tient dans une question.
Qu’est-ce qu’on n’écrit plus, quand la guerre continue ?
EXTRAIT

Lucien et les copains sont restés dehors, et ils ont attendu un long moment. Il pleuvait des obus dans le coin, ça résonnait de l’autre côté de la forêt, mais autour d’eux le calme était si grand qu’ils ont pu entendre un gland tomber d’un arbre et se cogner aux branches, et quand Malgat s’est levé, près de lui un oiseau s’est envolé.
Monelle, lundi 2 novembre 1914
Extrait de Place des Forts, éditions Douro

LIEUX
Dans Place des Forts, j’ai conservé ces lettres, et j’ai aussi écrit celles qui n’existent pas. Les personnages deviennent Lucien et Monelle, pour entrer dans la fiction. Le récit s’inscrit dans le réel par certains lieux, les dates, et l’expérience de la guerre.



ARCHIVES
Le livre mêle ainsi des lettres authentiques et d’autres imaginées, pour approcher l’intimité de l’Histoire. Écrire ce qui n’a pas pu l’être, c’est aussi une forme de mémoire.




